Témoignage de Sampson Savinel en 2018 : transcription et première analyse
Avertissement documentaire
Selon la provenance communiquée avec la pièce, cette déclaration aurait été donnée en 2018 par Sampson Savinel à Michel L'Homme, dans le contexte d'une démarche distincte concernant des faits allégués de harcèlement et d'agression sexuelle. Toute précision susceptible d'identifier directement ou indirectement la personne concernée par cette autre démarche est volontairement retirée. Cette page ne se prononce ni sur la réalité de ces faits allégués, ni sur leur qualification, ni sur leurs suites.
L'image reproduite est l'image complète fournie pour ce passage, mais elle ne montre pas l'en-tête du document, la qualité de Michel L'Homme, la référence de la plainte, le numéro de page ou une éventuelle signature. Le document d'origine complet restera utile pour rendre cette provenance vérifiable indépendamment du classement local de la pièce.
Méthode
La transcription ci-dessous reproduit le texte visible, sans corriger sa grammaire. Elle a été contrôlée manuellement sur l'image originale. L'analyse distingue les observations alléguées du témoin, les paroles qu'il rapporte, les informations indirectes et ses appréciations personnelles.
Point chronologique décisif
Un courriel RH conservé dans la réserve confidentielle du dossier remis à la BRDP fixe au 15 décembre 2016 à Nice une réunion dite « d'urgence et de cadrage ». Dans le même fil, Stéphane Erard écrit le 5 juillet 2017 : « N'ayant pu assister à cette réunion [...] je demande les minutes ». Il déclare sans ambiguïté ne pas avoir assisté à la réunion collective et ne pas avoir tenu les propos que Savinel lui attribue devant les salariés présents. Cette position est aussi corroborée par les propres conclusions de Qwant, qui indiquent qu'il était en arrêt maladie continu et n'avait pas repris le travail depuis le 24 août 2016, ainsi que par l'arrêt d'appel et les documents médicaux. L'identité entre la réunion du 15 décembre et celle décrite par Savinel doit encore être confirmée par le document complet, la convocation, le compte rendu et la liste des présents.
Contexte procédural communiqué
L'extrait est présenté comme ayant été recueilli en 2018 par Michel L'Homme, dans le contexte d'une démarche distincte portant sur des faits allégués de harcèlement et d'agression sexuelle. La question reproduite dans l'image ne porte pas directement sur ces faits. Elle élargit l'entretien à la situation de Stéphane Erard :
« Il semble que Monsieur ERARD Stéphane s'estime également victime d'un harcèlement de la part de la Direction de l'établissement. »
Ce contexte modifie la portée de la réponse :
- Sampson Savinel est interrogé sur d'éventuels faits concernant un autre salarié dans le cadre d'une démarche initiale distincte ;
- la question paraît rechercher des éléments connexes sur les pratiques de direction ou le climat managérial chez Qwant ;
- la réunion tenue par Éric Léandri à Nice devient pertinente non seulement pour la controverse technique sur les recherches, mais aussi pour apprécier l'existence éventuelle d'une pression exercée sur les salariés ;
- l'audition ayant lieu en 2018, le récit est rétrospectif et doit être confronté aux documents contemporains de la réunion et des deux altercations ;
- rien dans l'image ne permet de déterminer si la déclaration a été recueillie sous serment, dans une enquête officielle, dans une attestation privée ou dans un autre cadre.
Cette page analyse uniquement la réponse concernant Stéphane Erard. Elle ne doit pas être lue comme une analyse de l'autre démarche ni comme une source d'identification de la personne concernée par celle-ci.
1. Résumé de ce que dit l'extrait
Dans cet extrait, Sampson Savinel :
- ne nie pas expressément que Stéphane Erard ait pu se considérer victime de harcèlement ;
- reconnaît deux « altercations » avec le responsable du site de Nice, qu'elle rattache à la qualité du travail de Stéphane Erard et à sa difficulté supposée à « se cadrer » ; les pièces séparées versées au dossier permettent d'identifier Jean-Charles Chemin et documentent en particulier les faits allégués du 31 mars 2016 ;
- rapporte qu'Éric Léandri a tenu une réunion avec les salariés de Nice ;
- affirme qu'Éric Léandri y a expliqué que Qwant utilisait ponctuellement « une autre interface » pour certaines recherches ;
- présente comme un « bruit » et comme de « fausses informations » l'affirmation extérieure selon laquelle cette utilisation aurait été systématique ;
- indique que les salariés ont été invités à être « à l'unisson » et à ne pas relayer ces informations ;
- attribue enfin à Stéphane Erard une présence ou, selon une autre lecture, une réaction ultérieure à cette réunion, en affirmant qu'il aurait parlé d'une « tentative d'intimidation » auprès des autres salariés présents ; Stéphane Erard déclare n'avoir ni assisté à la réunion ni tenu cette conversation.
Cette attribution est expressément démentie et se heurte à la chronologie professionnelle documentée : une réunion d'urgence et de cadrage a été fixée au 15 décembre 2016 à Nice, alors que Stéphane Erard était en arrêt maladie continu depuis le 24 août 2016 et n'avait pas repris le travail ; il a en outre écrit, avant l'audition attribuée à Savinel, qu'il n'avait pu y assister. Il reste à établir que cette réunion est exactement celle décrite par Savinel et à préciser la construction de sa dernière phrase. Le passage conserve néanmoins une portée importante sur un autre point : il rapporte une réunion organisée en réponse aux accusations de Stéphane Erard, au cours de laquelle Éric Léandri aurait reconnu l'utilisation par Qwant d'une interface extérieure, tout en qualifiant cet usage de seulement « ponctuel » sans en donner la proportion dans le propos rapporté. Le code versionné analysé plus loin établit séparément une origine Bing à 100 % pour le chemin Web et les tags de décembre contrôlés.
3. Transcription contrôlée de l'image
QUESTION: Il semble que Monsieur ERARD Stéphane s'estime également victime d'un harcèlement de la part de la Direction de l'établissement. Il exerçait sur le site de Nice. Que pouvez-vous dire des faits dont il s'estime victime?
REPONSE: C'est plutôt compliqué de son côté. Il a eu deux altercations avec le responsable du site de Nice. Cela concernait la qualité de son travail et le fait qu'il partait un peu dans tout les sens et avait du mal à se cadrer.
Monsieur LEANDRI est venu sur le site de Nice où il a tenu une réunion. Il a parlé aux employés en évoquant le fait que la Société QWANT utilisait pour certaines recherches une autre interface ponctuellement. De suite, plusieurs personnes externes à la Société (via les réseaux sociaux) ont fait courir le bruit que cette utilisation était systématique pour manifestement dénigrer la Société. Pour parer à cela, Monsieur LEANDRI a donc réuni les employés pour leur demander d'être en quelque sorte à l'unisson pour ne pas colporter ce genre de fausses informations.
Monsieur ERARD a pris cela comme une sorte de tentative d'intimidation, c'est en tout cas les termes qu'il a employé auprès de nous les autres salariés présents
Fin du texte présent dans l'image complète fournie pour ce passage. La source se termine sans ponctuation finale ; la transcription conserve cette particularité.
4. Décomposition probatoire du témoignage
Toutes les phrases n'ont pas la même nature ni la même force.
| Passage | Nature de l'énoncé | Ce qu'il permet de retenir à ce stade | Limite |
|---|---|---|---|
| « C'est plutôt compliqué de son côté » | Appréciation générale | Le témoin adopte immédiatement un cadrage défavorable ou réservé | Aucun fait précis n'est donné |
| « deux altercations avec le responsable du site de Nice » | Fait affirmé par Savinel ; corroboration documentaire partielle | Savinel reconnaît l'existence de deux conflits. Une pièce séparée adressée à Jean-Charles Chemin décrit et date expressément les faits allégués du 31 mars 2016 | L'extrait ne nomme pas Jean-Charles Chemin et ne détaille aucune des deux altercations ; leur correspondance exacte doit être établie par recoupement |
| « la qualité de son travail » | Motif rapporté ou appréciation | Les conflits auraient été présentés comme professionnels | Aucun exemple concret ni élément permettant de vérifier l'évaluation |
| « partait un peu dans tout les sens » et « avait du mal à se cadrer » | Jugements sur la personne et sa méthode | Le témoin ou la direction lui reprochait un manque de focalisation | Formules subjectives ; leur auteur initial n'est pas identifié |
| Éric Léandri « a tenu une réunion » à Nice | Observation vraisemblablement directe | Une réunion collective sur cette controverse aurait eu lieu | Date, invitation, liste des présents et compte rendu absents |
| Qwant utilisait « une autre interface ponctuellement » | Parole d'Éric Léandri rapportée par le témoin | La direction reconnaissait un recours à une ressource ou interface extérieure | « interface », « certaines recherches » et « ponctuellement » ne sont pas définis ni quantifiés |
| Des personnes externes auraient affirmé que l'utilisation était systématique | Information indirecte | Une controverse publique existait sur le degré de dépendance de Qwant | Les personnes, publications et formulations exactes ne sont pas produites |
| Elles agissaient « pour manifestement dénigrer la Société » | Attribution d'intention | Le témoin interprète ces prises de parole comme hostiles | Aucun élément ne démontre cette intention |
| Les informations étaient « fausses » | Conclusion technique ou reprise du discours de la direction | Le témoin adhère à la qualification défendue par Qwant | La réponse ne donne aucune mesure ni donnée technique permettant de trancher |
| Les salariés devaient être « à l'unisson » | Parole rapportée et élément organisationnel | La réunion visait aussi l'harmonisation du discours interne | Les consignes exactes et les conséquences d'une dissidence ne sont pas décrites |
| Stéphane Erard parlait d'une « tentative d'intimidation » | Propos attribués à Stéphane Erard | Savinel prétend rapporter une réaction de Stéphane Erard à la réunion | Stéphane Erard déclare sans ambiguïté n'avoir ni assisté à la réunion ni tenu ces propos ; la date exacte et le contexte complet restent à documenter |
| « auprès de nous les autres salariés présents » | Prétention de perception directe | Savinel se place parmi des salariés censés avoir entendu Stéphane Erard | Si « présents » vise la réunion de décembre 2016, cette lecture est incompatible avec la déclaration directe de Stéphane Erard et l'absence de reprise du travail reconnue par Qwant ; si la phrase vise une conversation ultérieure, Stéphane Erard la dément également |
5. Le témoignage ne répond pas directement à la question du harcèlement
La question porte sur des faits dont Stéphane Erard s'estimerait victime de la part de la direction. La réponse ne décrit pourtant aucun acte précis permettant, à lui seul, de confirmer ou d'exclure un harcèlement :
- elle ne précise pas, dans cet extrait, le comportement du responsable du site lors des deux altercations, alors que des pièces séparées décrivent les faits allégués du 31 mars 2016 ;
- elle ne reproduit aucune parole qui aurait été adressée à Stéphane Erard ;
- elle n'indique ni fréquence, ni durée, ni répétition des faits ;
- elle ne décrit aucune sanction, menace, mise à l'écart ou dégradation de ses conditions de travail ;
- elle ne demande pas si les critiques sur son travail étaient documentées ou partagées avant l'alerte ;
- elle ne distingue pas ce que le témoin a personnellement observé de ce que la direction lui aurait rapporté.
La réponse procède plutôt en deux mouvements :
- elle explique le conflit par la personnalité et la qualité du travail de Stéphane Erard ;
- elle décrit une réunion de direction organisée en réponse aux accusations de Stéphane Erard, puis lui attribue une réaction qu'il dément expressément et qui, dans la lecture naturelle d'une présence à la réunion, est incompatible avec sa déclaration directe et l'absence de reprise du travail reconnue par Qwant.
Autrement dit, le témoin ne conclut pas : « il n'y a pas eu de harcèlement ». Il propose un autre cadrage causal du conflit, rapporte une réponse collective de la direction aux accusations techniques, puis attribue à Stéphane Erard une réaction dont la date et les circonstances doivent être vérifiées.
Le contexte communiqué du recueil renforce l'importance de cette absence de réponse directe. Sampson Savinel aurait été interrogé en 2018 dans le cadre d'une démarche distincte concernant d'autres faits allégués de harcèlement et d'agression sexuelle. La question concernant Stéphane Erard pouvait donc servir à rechercher des faits comparables, connexes ou révélateurs d'un mode de management. Or la réponse :
- ne décrit pas un comportement individuel précis d'Éric Léandri envers Stéphane Erard ;
- commence par des reproches relatifs au travail de Stéphane Erard ;
- reconnaît ensuite une réunion collective dirigée par Éric Léandri ;
- prétend que cette réunion a été décrite comme intimidante par Stéphane Erard devant plusieurs collègues, alors que celui-ci dément cette conversation et déclare catégoriquement ne pas avoir assisté à la réunion ; l'absence de reprise du travail depuis le 24 août 2016 corrobore sa déclaration.
L'extrait ne fournit ainsi pas une corroboration fiable d'un harcèlement concernant Stéphane Erard. Sa dernière phrase doit être isolée comme une affirmation chronologiquement contestable qui appelle la production de la convocation, de la date et de la liste des présents. Il rapporte néanmoins un fait collectif concret : Éric Léandri aurait réuni les salariés pour répondre aux accusations sur Bing et orienter le discours interne.
6. Un déplacement immédiat vers la qualité du travail de Stéphane Erard
La première réponse à une question sur un comportement éventuel de la direction consiste à parler de la qualité du travail du salarié :
« Cela concernait la qualité de son travail »
Le passage ne fournit toutefois aucun exemple de travail insuffisant, aucune évaluation, aucun objectif non atteint et aucun document contemporain. La formule suivante est encore plus subjective :
« il partait un peu dans tout les sens et avait du mal à se cadrer »
Cette formulation peut décrire une difficulté réelle de priorisation. Elle peut aussi constituer un jugement rétrospectif sur la personnalité du salarié, employé pour expliquer ou légitimer le conflit sans examiner le comportement de la direction. À ce stade, l'image ne permet pas de choisir entre ces hypothèses.
Il faudra notamment vérifier :
- qui porte exactement cette appréciation : Sampson Savinel, le responsable de Nice ou la direction ;
- si elle existait dans des évaluations antérieures ;
- si elle apparaît seulement après les alertes techniques de Stéphane Erard ;
- ce que recouvre le mot « altercation » dans chacune des deux situations.
6.1. Les « deux altercations » : reconnaissance de deux conflits avec Jean-Charles Chemin
La phrase de Sampson Savinel constitue un élément distinct de son appréciation sur la qualité du travail :
« Il a eu deux altercations avec le responsable du site de Nice. »
Savinel affirme donc sans ambiguïté l'existence de deux conflits. Il n'en donne cependant ni les dates, ni le contenu, et ne nomme pas le responsable dans l'extrait. L'identification de Jean-Charles Chemin, supérieur hiérarchique de Stéphane Erard et responsable local visé, résulte du recoupement avec les pièces du dossier, non de cette seule phrase.
Première altercation identifiée : les faits allégués du 31 mars 2016
La pièce intitulée réponse qwant jc (1).pdf, adressée à « Monsieur Jean-Charles CHEMIN » avec Marie Juyaux et Éric Léandri en copie, comporte une section intitulée « A propos des violences physiques et verbales suite grève et emails ». Stéphane Erard y demande que soient vérifiés les faits « commis par Jean-Charles CHEMIN à mon encontre le 31 Mars 2016 ».
Son récit écrit décrit successivement :
- une convocation dans le bureau de Jean-Charles Chemin après réception d'un courriel ;
- des cris et une humiliation devant les collègues présents dans l'open space ;
- la phrase attribuée à Jean-Charles Chemin : « oh putain lui j'vais m'le faire » ;
- la saisie des avant-bras, qualifiée dans le document de « contention physique » ;
- le fait d'avoir été « repoussé violemment », avec l'ordre allégué : « tu prends tes clics et tes clacs et tu dégages maintenant » ;
- le refus de Stéphane Erard d'abandonner son poste de travail ;
- dans un autre passage, l'expression « gratte-papier cégétiste », attribuée à Jean-Charles Chemin devant des collègues dans l'open space à la suite du courriel du 31 mars.
Ces éléments correspondent à ce que Stéphane Erard désigne comme l'agression physique du 31 mars : contention, poussée visant à le faire sortir de son poste ou des locaux, humiliation publique et dénigrement syndical. Il convient néanmoins de conserver la hiérarchie de preuve : le PDF établit qu'un récit circonstancié, daté et nominatif a été formalisé et adressé dans un document visant Jean-Charles Chemin ; il ne constitue pas, à lui seul, une attestation indépendante de chacun des gestes ou propos rapportés.
La reconnaissance par Savinel de « deux altercations » apporte une corroboration de l'existence de conflits avec le responsable du site. Comme son témoignage n'en décrit aucun geste, elle ne suffit pas isolément à corroborer chaque détail physique du récit du 31 mars.
Seconde altercation identifiée par Stéphane Erard : sa réponse écrite du 12 avril
Stéphane Erard identifie la seconde altercation comme sa réponse par courriel du 12 avril 2016 aux accusations et aux faits du 31 mars. La date et l'heure sont directement visibles en haut à droite de la capture suite 2.PNG : 12 avril 2016 à 10 h 20. Les pièces conservées matérialisent la séquence écrite conflictuelle suivante :
- courriel de Stéphane Erard du 31 mars 2016 à 10 h 47 ;
- réponse de Jean-Charles Chemin du 31 mars 2016 à 11 h 58 ;
- réponse de Stéphane Erard du 12 avril 2016 à 10 h 20 ;
- réponse de Jean-Charles Chemin du 12 avril 2016 à 14 h 44.
Le dossier contient également la réponse longue adressée à Jean-Charles Chemin et un projet explicitement classé comme non envoyé. Ce projet apparaît dans une sauvegarde datée du 18 avril 2016 à 15 h 40. La copie PDF de la réponse longue ne montre pas d'en-tête de courriel et son texte contient des développements postérieurs à avril 2016 : elle ne doit donc pas être confondue avec la réponse courte et datée du 12 avril.
Le recoupement permet ainsi de formuler une conclusion graduée :
| Point | Niveau documentaire actuel |
|---|---|
| Deux altercations avec le responsable du site de Nice | Explicitement affirmées par Sampson Savinel |
| Identification du responsable comme Jean-Charles Chemin | Établie par les autres pièces du dossier ; non donnée dans l'extrait de Savinel |
| Première altercation le 31 mars 2016 | Expressément datée et décrite dans la réponse adressée à Jean-Charles Chemin |
| Contention, poussée, humiliation en open space et dénigrement syndical | Récit écrit précis de Stéphane Erard ; détails non décrits par Savinel et restant à confronter aux témoins |
| Seconde altercation correspondant à la réponse du 12 avril | Identification de Stéphane Erard ; date et heure directement visibles dans suite 2.PNG |
Cette mise en relation modifie la lecture du témoignage. Savinel ne nie pas les conflits : il en reconnaît le nombre, mais les réduit immédiatement à « la qualité » du travail et à une difficulté supposée de Stéphane Erard à « se cadrer ». Ce résumé omet la dimension physique, publique et syndicale expressément dénoncée dans la pièce relative au 31 mars.
Pièces — rendu PNG et téléchargement des PDF
Chaque image ouvre la page correspondante du PDF original.
Projet non envoyé relatif à l'altercation et à la rupture conventionnelle — 9 pages
Analyse comparée des deux PDF
Les deux documents se recoupent, mais ils n'ont ni la même fonction ni la même force documentaire.
| Document | Contenu principal | Apport au dossier | Limites |
|---|---|---|---|
réponse qwant jc (1).pdf, 8 pages |
Texte adressé à Jean-Charles Chemin, avec Marie Juyaux et Éric Léandri en copie ; conséquences de la grève ; récit des violences physiques et verbales ; dénigrement syndical ; travail réellement demandé ; revendication Syntec 3.3 | Nomme Jean-Charles Chemin, date expressément les faits allégués du 31 mars 2016, demande leur vérification auprès des collègues, des délégués du personnel et de la DRH, puis inventorie précisément les fonctions exercées | La copie ne comporte ni en-tête de courriel, ni accusé de réception. La mention de « un an et demi » de travail indique une rédaction ou une consolidation postérieure à avril 2016. Ses métadonnées datent l'export PDF du 25 juillet 2026 et non la transmission historique |
pas envoyé - suite altercation - demande rupture conventionnelle.pdf, 9 pages |
Projet de réponse développé, suivi de la chaîne de courriels des 31 mars et 12 avril ; récit de l'altercation ; sous-effectif de la CI ; décalage entre le contrat et les fonctions ; alertes Cardiweb/CDC, Bing et données transmises ; proposition de rupture et demandes financières | Conserve le raisonnement complet de Stéphane Erard et relie le conflit managérial, les revendications professionnelles et les alertes techniques. Les trois dernières pages reproduisent des en-têtes horodatés qui établissent la chronologie des courriels | Le fichier est explicitement classé « pas envoyé » : il ne prouve ni réception ni connaissance de son contenu par Qwant. Il contient des ajouts postérieurs à avril 2016 et a été exporté en PDF le 25 juillet 2026 |
Ce que la réponse de 8 pages formalise
Le document organise le différend autour de quatre ensembles cohérents :
- La grève et les reproches professionnels. Stéphane Erard répond aux reproches relatifs à la grève, aux horaires, aux objectifs et à la documentation de la CI.
- Les faits allégués du 31 mars. Il décrit des cris, une humiliation devant l'open space, la saisie des avant-bras et une poussée accompagnée d'un ordre de quitter les locaux. Il demande expressément que les collègues présents soient interrogés.
- Le dénigrement syndical. Il attribue à Jean-Charles Chemin l'expression « gratte-papier cégétiste » et une présentation politique dévalorisante auprès d'un collègue.
- La qualification du travail. Il oppose son contrat de développeur spécialisé Front-End, position 2.2, au périmètre transverse réellement exercé : architecture, CI/QA, intégration, déploiement, maintenance, documentation, formation et coordination. Il demande une régularisation en position 3.3 et un ajustement salarial rétroactif.
Cette structure est importante pour lire Savinel : la « qualité du travail » n'apparaît pas isolément. Dans la réponse de Stéphane Erard, elle est indissociable d'un conflit sur la grève, des conditions de travail, du niveau réel de responsabilité et des violences qu'il dit avoir subies.
Ce que le projet non envoyé ajoute
Le projet de neuf pages répond ligne par ligne au courriel de Jean-Charles Chemin du 12 avril. Il ajoute notamment :
- l'absence de remplacement dans l'équipe CI et le fonctionnement par ajustement mutuel d'une start-up ;
- la différence entre la fiche de poste Front-End et la direction effective des outils de développement, de CI et de qualification ;
- un récit proche de celui du document de huit pages concernant les cris, l'humiliation en open space, la saisie et l'ordre de quitter les bureaux ;
- une demande de requalification en « Directeur CI » à 60 000 euros bruts annuels, une estimation du rappel salarial et une demande indemnitaire dans le cadre d'un départ ;
- des alertes relatives à l'audit Cardiweb pour la CDC, aux appels Bing et à la transmission alléguée de données
IP/24 + User-Agent.
Ces derniers éléments montrent que la version PDF conservée a été enrichie après la chaîne de courriels d'avril : elle mentionne explicitement juin 2016, des événements liés à l'audit Cardiweb/CDC et un an et demi de contrat. Le document ne peut donc pas être considéré dans son ensemble comme un courriel figé au 12 ou au 18 avril 2016.
Articulation probatoire avec le témoignage de Savinel
Le rapprochement le plus solide est le suivant :
- Savinel affirme qu'il y a eu deux altercations avec le responsable du site de Nice ;
- les courriels prouvent l'existence d'un échange conflictuel les 31 mars et 12 avril 2016 ;
- les deux PDF conservent un récit concordant de l'altercation physique alléguée du 31 mars ;
- le document de huit pages nomme Jean-Charles Chemin et demande que les témoins présents soient entendus.
En revanche, Savinel ne décrit ni la contention, ni la poussée, ni les propos rapportés. Son témoignage corrobore donc l'existence et le nombre des conflits, pas chaque détail du récit de Stéphane Erard. De même, le projet non envoyé documente ce que Stéphane Erard avait formalisé, mais ne peut être utilisé comme preuve que Qwant en avait reçu cette version complète.
Le second document est ainsi publié comme pièce de contexte et comme trace de la formalisation du récit. Son classement « pas envoyé » interdit de le présenter comme la preuve qu'un destinataire l'aurait reçu.
Les captures conservées permettent aussi de consulter directement la séquence de courriels :
- réponse de Jean-Charles Chemin du 31 mars 2016 à 11 h 58, reproduisant le courriel de Stéphane Erard envoyé à 10 h 47 ;
- réponse de Stéphane Erard du 12 avril 2016 à 10 h 20 ;
- réponse de Jean-Charles Chemin du 12 avril 2016 à 14 h 44 ;
- sauvegarde datée du 18 avril 2016 à 15 h 40 montrant un état antérieur du projet non envoyé — première capture, deuxième capture et troisième capture. Cette sauvegarde ne date pas les ajouts ultérieurs visibles dans le PDF actuel.
6.2. Contrepoint documentaire : le travail présenté lors de l'audit pour la CDC
L'appréciation générale de Sampson Savinel doit être confrontée aux supports techniques conservés dans le dossier. Ils décrivent un périmètre beaucoup plus structuré que ne le laisse entendre la formule selon laquelle Stéphane Erard « partait un peu dans tous les sens » :
| Pièce | Éléments vérifiables dans la pièce | Portée |
|---|---|---|
| Présentation « Développement » destinée à la CDC, 21 pages | Métadonnée Author : Stéphane Erard, création le 31 mai 2016 ; couverture mentionnant Stéphane Erard et son supérieur hiérarchique Jean-Charles Chemin |
Gestion des développements, JIRA, Confluence, GitLab, Jenkins, flux DEV → CI/QA → CD → OPS, responsabilités, qualité, architecture et composants |
| Présentation Qwapp, 36 pages | Métadonnée Author : Stéphane Erard, création le 12 août 2015 |
Conception d'un outil d'intégration interne, modélisation des environnements, configuration, Vagrant, Docker, DNS, conteneurs et commandes d'orchestration |
| Présentation de l'infrastructure CI, 15 pages | Métadonnée Author : Stéphane Erard ; le PDF conservé a toutefois été exporté en 2026 et ne date donc pas, à lui seul, le contenu |
Architecture des machines et services CI : Jenkins, PowerDNS, registres, caches, Selenium, documentation et réseau |
| Variante « Fab Lab » de la présentation « Gestion des développements », 17 pages | Titre interne Gestion des développements, métadonnée Author : Stéphane Erard ; PDF exporté le 25 juillet 2026 |
Reprise, sans l'habillage Qwant, des 17 diapositives centrales de la présentation CDC : Confluence, GitLab, Jenkins, Qwapp, flux DEV → CI → CD, groupes, CI/QA, architecture et composants |
| Inventaire des projets techniques | Tableau affichant 48 projets, dont 33 projets actifs, répartis entre images Docker, outils DevOps/Qwapp et intégration continue | Matérialise l'étendue du parc pris en charge et distingue les projets propres, tiers, actifs ou dépréciés |
Le corpus comprend désormais 89 pages de PDF, mais il ne faut pas les présenter comme 89 diapositives indépendantes : les 17 pages de fab_lab_prez.pdf reprennent, dans le même ordre et avec un habillage simplifié, les pages 4 à 20 de la présentation CDC. Leur valeur tient moins à l'ajout de nouveaux thèmes qu'à la conservation d'une seconde version cohérente du même exposé, dont les métadonnées désignent également Stéphane Erard comme auteur.
Le nom de fichier fab_lab_prez.pdf suggère une adaptation pour une présentation « Fab Lab ». Il ne suffit cependant pas à établir l'identité de l'organisateur, l'audience, le lieu ou la date historique de cette présentation. Le PDF a été exporté en 2026 et ne contient pas de date interne visible.
Galeries PNG et téléchargement des PDF
Chaque image ouvre la page correspondante du PDF original. Le lien placé avant chaque galerie permet d’ouvrir ou de télécharger le document complet.
Variante « Fab Lab »
Télécharger le PDF original — 17 pages
Stéphane Erard indique que l'ensemble de son périmètre de travail a été présenté et examiné pendant 1 h 45 dans le cadre de l'audit technique conduit pour le compte de la Caisse des Dépôts, au moyen de plusieurs supports qu'il avait préparés lui-même. Les métadonnées des quatre PDF le désignent effectivement comme auteur. En revanche :
- la durée de 1 h 45 et l'utilisation successive des supports pendant l'audit ne figurent pas dans les pièces elles-mêmes ;
- Stéphane Erard précise que la mention de Jean-Charles Chemin sur la couverture correspond à sa qualité de supérieur hiérarchique, et non à une contribution à la conception du système ou à la rédaction des supports ; cette précision est cohérente avec la métadonnée d'auteur, mais la couverture ne permet pas, à elle seule, de déterminer le rôle de chacun pendant la présentation ;
- ces supports montrent que le travail et l'architecture ont été exposés à l'audit ; ils ne constituent pas, à eux seuls, un rapport de la CDC ou de Cardiweb portant une appréciation positive sur la performance individuelle de Stéphane Erard.
La formulation probatoirement la plus exacte est donc la suivante :
Stéphane Erard déclare avoir présenté pendant 1 h 45, dans le cadre de l'audit technique réalisé pour le compte de la CDC, l'ensemble du système de développement dont il avait la charge. Les trois supports techniques conservés le désignent comme auteur dans leurs métadonnées et documentent un périmètre transverse allant des environnements des développeurs à la CI/QA, à la validation, au déploiement et à l'infrastructure. Une pièce d'agenda, un courriel des participants ou le rapport d'audit reste nécessaire pour établir indépendamment la durée et le déroulement exacts de cette présentation.
Ces documents ne prouvent pas que chaque réalisation était exempte de défaut. Ils constituent cependant un contrepoint direct à une critique indéterminée de la « qualité du travail » : avant de retenir cette critique, il faut expliquer quels livrables auraient été insuffisants et la confronter aux architectures, outils, procédures et projets effectivement présentés.
6.3. Du poste négocié aux fonctions confiées dès l'arrivée
La chronologie communiquée distingue nettement le poste contractuel des fonctions réellement exercées :
| Moment | Poste ou fonction | Niveau de preuve actuel |
|---|---|---|
| Environ un an avant l'embauche | Stéphane Erard indique que la négociation de son entrée chez Qwant et de son salaire a duré un an, sur la base d'un poste de développeur web spécialisé Front‑End | Déclaration à consolider par les échanges de recrutement et les versions successives de la proposition |
| 2 mars 2015 | Le contrat et les décisions judiciaires le donnent engagé comme développeur web spécialisé Front‑End, cadre Syntec 2.2, coefficient 130 | Mention reprise dans la transcription de la décision prud'homale |
| 3 mars 2015 | Stéphane Erard situe son arrivée opérationnelle et indique que le CTO Jean-Charles Chemin lui a demandé de prendre en charge tout le système de développement, la qualification et l'onboarding des développeurs | Déclaration précise sur l'instruction orale initiale ; la date et les termes exacts doivent être rapprochés des courriels des premiers jours |
| 5 mars 2015 | Un écrit déjà recensé dans le dossier annonce : « tu vas travailler sur le QA/CI chez Qwant » | Chronologie documentaire générale |
| Août 2015 à juin 2016 | Qwapp, la chaîne DEV/CI/QA/CD, l'infrastructure CI, les outils d'onboarding et l'inventaire des projets matérialisent ce périmètre transverse | Présentations techniques, métadonnées d'auteur et inventaire reproduits ci-dessus |
Cette séquence ne décrit pas une évolution tardive et imprévisible d'un poste Front‑End. Sous réserve de produire l'instruction du 3 mars et les échanges de recrutement, elle soutient l'existence d'un écart connu dès l'embauche entre :
- la base contractuelle et salariale négociée : développeur Front‑End, position 2.2 coefficient 130 ;
- la mission réellement confiée : concevoir et prendre en charge le système de développement, de qualification et d'intégration des développeurs à l'échelle de Qwant.
Stéphane Erard en déduit que Qwant lui a fait négocier son salaire sur une base qui ne correspondait pas aux responsabilités qu'elle entendait lui confier. Le grief peut être analysé sur le terrain de l'exécution de bonne foi du contrat de travail (ouvre dans une nouvelle fenêtre) (https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006900858 (ouvre dans une nouvelle fenêtre)), imposée par l'article L. 1222-1 du Code du travail :
- si Qwant connaissait avant la signature le périmètre transverse prévu, la présentation du poste comme spécialisé Front‑End aurait affecté la base même de la négociation salariale ;
- le maintien de la classification 2.2 malgré l'affectation immédiate et durable à des fonctions d'un niveau très supérieur peut soutenir un grief de déloyauté dans l'exécution du contrat ;
- cette déloyauté et son incidence sur le salaire demeurent des qualifications à démontrer, notamment par les échanges couvrant l'année de négociation, l'instruction initiale et la connaissance du périmètre par Qwant avant la signature.
La proximité temporelle entre la signature, l'instruction donnée dès l'arrivée et l'écrit du 5 mars constitue un indice important. Elle ne suffit toutefois pas, isolément, à prouver ce que Qwant avait arrêté avant la conclusion du contrat.
6.4. Un rôle de « directeur des systèmes de développement » de fait, compatible avec la position Syntec 3.3
L'expression « directeur des systèmes de développement » n'apparaît pas comme un intitulé contractuel dans ces pièces. Elle peut en revanche décrire fonctionnellement le rôle documenté : conception et structuration du système commun utilisé pour développer, intégrer, tester, valider et livrer les applications Qwant.
Le périmètre ne se limite pas à la production de code individuel. Il articule :
- plusieurs services et groupes : FRONT, BACK, DATA, QWAPP, CI/QA et OPS ;
- plusieurs étapes : développement, revue, intégration, tests, validation, livraison et exploitation ;
- plusieurs couches : applications, configurations, machines virtuelles, conteneurs, réseau, DNS et registres ;
- des outils communs destinés aux autres développeurs et projets.
La variante fab_lab_prez.pdf confirme que ces éléments formaient un exposé ordonné et réutilisable de la gestion des développements, et non un assemblage rétrospectif de captures sans relation. Elle ne constitue toutefois pas une preuve indépendante de chacune des fonctions décrites, puisqu'elle dérive matériellement du support CDC.
Cette physionomie correspond fortement aux critères de la position 3.3 de l'annexe II de la convention Syntec (ouvre dans une nouvelle fenêtre) (https://www.legifrance.gouv.fr/conv_coll/article/KALIARTI000023733160 (ouvre dans une nouvelle fenêtre)) : très larges initiatives et responsabilités, coordination entre plusieurs services et grande valeur technique ou administrative. L'analyse Syntec détaillée, page par page conclut ainsi que ces supports rendent une qualification 3.3 principale beaucoup plus cohérente qu'une lecture limitée à un poste de développeur exécutant.
Il faut néanmoins distinguer :
- le constat fonctionnel, fortement soutenu par les présentations : Stéphane Erard structurait une software factory transverse et pouvait, en ce sens, être décrit comme le directeur de fait des systèmes de développement ;
- la qualification conventionnelle revendiquée : position Syntec 3.3 ;
- la reclassification juridiquement acquise, qui ne résulte pas automatiquement de ces seuls PDF et suppose l'examen de l'ensemble des fonctions réellement exercées, de leur permanence et des autres pièces du dossier.
6.5. L'absence attendue d'un « ticket global » dans une organisation par ajustement mutuel
Stéphane Erard précise que Jean-Charles Chemin lui a fixé le périmètre général en qualité de supérieur hiérarchique, mais n'a pas conçu à sa place l'architecture, les outils ou les modalités concrètes de mise en œuvre. Le travail de haut niveau aurait ensuite été organisé, comme souvent dans une startup, par ajustement mutuel plutôt que par la décomposition préalable de l'ensemble de la mission en tickets prescrits.
Dans cette configuration, l'absence d'un ticket unique disant « concevoir et diriger tout le système de développement » n'invalide pas le rôle exercé. Un travail d'architecture transverse peut laisser des traces distribuées dans :
- les dépôts, commits et droits d'administration ;
- les configurations Jenkins, GitLab, Vagrant, Docker, DNS et SonarQube ;
- les présentations d'architecture et de processus ;
- les inventaires de projets et de services ;
- les courriels d'arbitrage, d'onboarding, d'assistance et de coordination ;
- les accès créés pour les développeurs et prestataires ;
- les formations et la documentation commune.
Les supports conservés constituent précisément une vue d'ensemble que des tickets unitaires ne donneraient pas. Ils montrent la cohérence du système construit entre les tâches quotidiennes. Réciproquement, l'absence alléguée de ticket global ne suffit pas à établir que Stéphane Erard disposait de toute l'autonomie revendiquée : cette autonomie doit être corroborée par l'ensemble des traces distribuées et par les témoignages des utilisateurs du système.
7. La reconnaissance d'une réunion consacrée au discours sur la dépendance extérieure
Le passage le plus factuel et le plus important concerne la réunion d'Éric Léandri :
« la Société QWANT utilisait pour certaines recherches une autre interface ponctuellement »
Cette phrase constitue une reconnaissance, au moins dans le discours rapporté, d'un recours de Qwant à une ressource extérieure. Elle ne permet cependant pas de déterminer :
- s'il s'agissait de Bing Search, de Bing Ads ou d'un autre fournisseur ;
- si « interface » désignait une API, une source de résultats, une couche technique ou un outil publicitaire ;
- quelles catégories de recherches étaient concernées ;
- quel pourcentage de requêtes était envoyé ;
- ce qui était transmis avec les recherches ;
- comment le caractère « ponctuel » avait été mesuré.
Le choix du mot interface réduit la précision technique. Il décrit un moyen d'accès sans nommer nécessairement le fournisseur, la source des résultats, le flux de données ou le niveau de dépendance. Le mot ponctuellement donne une conclusion quantitative sans fournir aucun chiffre.
Le dossier remis à la BRDP contient un courriel RH du 25 novembre 2016 fixant au 15 décembre à Nice une réunion dite « d'urgence et de cadrage ». Dans le même fil, Stéphane Erard a écrit le 5 juillet 2017 qu'il n'avait pu assister à « cette réunion » et en a demandé les minutes. Ces éléments rendent plausible l'identification de la réunion décrite par Savinel avec celle du 15 décembre, sans la démontrer à eux seuls. Si cette identité est confirmée, Éric Léandri ne répondait pas à une objection exprimée par Stéphane Erard dans la salle : il présentait aux salariés la réponse de la direction aux accusations d'un salarié alors absent.
Le témoignage ne vérifie pas la version quantitative de la direction. Il rapporte ce qu'Éric Léandri aurait expliqué aux salariés. En revanche, il constitue un aveu rapporté du principe même du recours à une source extérieure. La proportion doit être déterminée par une autre preuve — ici, le code versionné apporte précisément cette preuve pour le chemin et la période contrôlés.
Un élément technique complémentaire se trouve dans l'analyse forensique Git du routage Web :
webBrainLocales = []webBrainLocales = []Le fonctionnement versionné est plus précis. Le tableau est vidé le 29 juin. Le commit 7354507 ajoute fr et de sur develop le 8 juillet à 9 h 29, puis 0754dad les commente à 12 h 44. Ces deux états sont intégrés ensemble avant le tag suivant : aucun tag master contrôlé ne contient l'état actif intermédiaire. Git ne démontre donc aucune activation de WebBrain en production, ni en juin ni pendant quelques heures le 8 juillet. Dans les tags de décembre contrôlés, le code ne permet aucune source organique Web autre que Bing V5 ou Bing Azure.
Le cache Web partagé a une durée maximale de sept jours. Dans les tags des 2, 9 et 22 décembre, 100 % des résultats organiques Web non vides servis par le chemin analysé ont une origine Bing, directement ou depuis le cache lui-même alimenté par Bing. Le cache réduit les appels réseau ; il ne crée aucune source autonome. Il n'y a pas à postuler des résultats WebBrain résiduels : aucun tag master contrôlé n'établit qu'un tel routage aurait auparavant été actif.
Stéphane Erard témoigne avoir eu la charge de la CI/CD et avoir vu la version Bing partir en production. Il témoigne aussi que l'endpoint nommé WebBrain aboutissait en réalité au logiciel Mozart, modifié pour relayer Bing, et que Thomas Massière lui en avait montré le code. Une capture Jenkins corrobore l'existence du projet DATA-MOZART-TAG-PACKAGER et du paquet Mozart ; elle ne prouve ni le mapping de l'endpoint, ni le backend, ni le relais Bing, ni l'auteur du job. Ces témoignages doivent être distingués de ce que Git prouve indépendamment. Le dépôt ou JAR Mozart, l'export Jenkins, les configurations et les artefacts de déploiement restent à obtenir.
Il faut distinguer ce routage des résultats Web du flux publicitaire : le même dossier Git documente séparément les données envoyées par search_ads.php lorsque les conditions d'appel publicitaire sont réunies. Il ne démontre pas un appel Bing Ads pour chaque recherche.
8. « Être à l'unisson » : la réponse collective de Qwant aux accusations
Le témoin indique qu'Éric Léandri a réuni les salariés :
« pour leur demander d'être en quelque sorte à l'unisson »
Cette formulation est centrale. Elle peut recevoir au moins deux lectures.
Lecture favorable à la direction
Une entreprise confrontée à des informations qu'elle estime fausses peut chercher à :
- informer ses salariés ;
- corriger une confusion technique ;
- éviter que des informations non vérifiées soient répétées ;
- présenter une communication cohérente.
Dans cette lecture, la réunion était la réponse de Qwant aux accusations formulées par Stéphane Erard, sans interaction directe avec lui puisqu'il était absent.
Lecture compatible avec le sentiment d'intimidation
La demande d'être « à l'unisson » peut néanmoins être comprise comme :
- une injonction à adopter la version officielle ;
- une disqualification préalable des versions divergentes comme « fausses » ;
- une pression collective sur les salariés qui disposeraient d'informations contraires ;
- un avertissement implicite contre toute expression publique ou interne dissidente.
Le témoignage ne dit pas si des questions contradictoires étaient admises, si le code ou des mesures techniques ont été présentés, si les salariés pouvaient contester le caractère « ponctuel » ou quelles conséquences étaient attachées au fait de ne pas suivre cette ligne.
La réunion ne prouve pas une intimidation directement exercée contre Stéphane Erard : il n'y assistait pas. Elle documente une opération de réponse interne à ses accusations, au cours de laquelle l'existence du recours extérieur a été admise mais sa proportion n'a pas été révélée aux salariés dans le propos rapporté. Le code contrôlé établit séparément une origine Bing à 100 % sur le chemin Web et les tags de décembre décrits ci-dessus.
9. Une attribution de Savinel contestée et contredite par la chronologie professionnelle
La dernière phrase de Savinel affirme :
« Monsieur ERARD a pris cela comme une sorte de tentative d'intimidation »
Il ajoute :
« c'est en tout cas les termes qu'il a employé auprès de nous les autres salariés présents »
Cette affirmation se heurte à une chronologie précise :
- un courriel RH fixe au 15 décembre 2016 à Nice une réunion « d'urgence et de cadrage » ;
- dans le même fil, Stéphane Erard écrit le 5 juillet 2017 qu'il n'a pu assister à cette réunion et en demande les minutes ;
- Stéphane Erard était en arrêt maladie depuis le 24 août 2016 ;
- les propres conclusions récapitulatives de Qwant indiquent que l'arrêt a été constamment renouvelé pendant un an et qu'il « n'a donc pas repris le travail à partir du 24 août 2016 ».
Stéphane Erard déclare catégoriquement qu'il n'était pas présent à cette réunion. Son propre courriel du 5 juillet 2017 le dit expressément. Les écritures de Qwant reconnaissent en outre l'absence de reprise du travail depuis le 24 août 2016 ; l'arrêt d'appel et les documents médicaux confirment la continuité de l'arrêt. La correspondance du fil est ici plus précise qu'une simple déduction tirée de l'arrêt maladie, lequel ne constituerait pas, à lui seul, une preuve de localisation physique à chaque instant.
Stéphane Erard conteste également avoir qualifié cette réunion de tentative d'intimidation auprès des salariés présents. Si les mots « les autres salariés présents » désignent bien les personnes présentes à la réunion — lecture naturelle de la phrase — cette attribution est incompatible avec sa déclaration directe et la chronologie professionnelle documentée. Une interprétation plus étroite resterait possible : Savinel pourrait vouloir dire que Stéphane Erard aurait employé ces termes ultérieurement auprès de salariés qui, eux, avaient assisté à la réunion. Mais le recadrage ne donne ni date, ni moyen de communication, ni identité des interlocuteurs ; Stéphane Erard dément cette conversation.
Stéphane Erard avance une autre hypothèse de confusion : Savinel aurait amalgamé l'entretien individuel de fin avril 2016, au cours duquel Stéphane Erard dit avoir alerté Éric Léandri sur l'agression de Jean-Charles Chemin et avoir ressenti une intimidation, avec la réunion collective fixée au 15 décembre, à laquelle il n'a pas assisté. Cette hypothèse rend compte du vocabulaire attribué à Stéphane Erard tout en expliquant l'impossibilité chronologique de sa présence. Elle n'est cependant pas démontrée par l'extrait isolé : Savinel doit préciser de quelle réunion il parle, comment il aurait connu le ressenti de Stéphane Erard et quelles personnes sont exactement désignées par « nous les autres salariés présents ».
Dans le contexte de l'entretien avec Michel L'Homme, cette attribution non corroborée est importante : elle prête à Stéphane Erard une réaction dont le moment et le canal ne sont pas précisés et donne à Savinel une apparence de connaissance directe que le recadrage ne justifie pas. Cette discordance affecte la fiabilité de son appréciation sur Stéphane Erard. Elle n'efface toutefois pas les éléments que Savinel pouvait observer directement : la tenue de la réunion, les propos de Léandri et la demande faite aux salariés d'être « à l'unisson ».
9.1. Le courriel du 19 mai 2017 : une position antérieure différente
Un échange du 19 mai 2017, antérieur à l'audition attribuée, apporte un contexte distinct. Après la récupération par Stéphane Erard de ses affaires la veille, Savinel lui écrit qu'il espère que « l'épreuve d'hier » ne lui a pas fait trop de mal et qu'il n'a « pas spécialement apprécié le comportement de Thomas ». Il ajoute :
« je n'ai aucun soucis pour témoigner ainsi que demander aux gens que tu as cité de faire de même »
Il doute cependant que des salariés acceptent, en écrivant qu'il ne connaît pas « d'entreprise qui tolère que des gens agissent "contre elle" », et propose aussi de demander à Nicolas. Ce courriel ne confirme ni l'agression de Jean-Charles Chemin, ni les propos attribués à Éric Léandri, ni l'identité des salariés auxquels Stéphane Erard aurait parlé d'intimidation. Il établit en revanche qu'en mai 2017 Savinel reconnaissait une épreuve subie par Stéphane Erard, désapprouvait un comportement observé la veille, se disait disposé à témoigner et anticipait lui-même la réticence de collègues à agir contre l'entreprise.
Cette pièce rend d'autant plus nécessaire une réponse nominative : parmi Julien, Maxime, Nghia, Adrien Chabot, Marie Menuet et Victoire Yau — noms suggérés par Stéphane Erard — ainsi que Nicolas — proposé par Savinel — qui Savinel a-t-il effectivement contacté, qui a accepté ou refusé, et lesquels désigne-t-il ensuite par « nous les autres salariés présents » ? La présence dans cette liste ne prouve ni la présence à la réunion du 15 décembre, ni la connaissance de l'entretien individuel de fin avril.
10. Un vocabulaire asymétrique
La réponse n'emploie pas le même registre pour tous les protagonistes :
| Acteur | Vocabulaire employé |
|---|---|
| Stéphane Erard | Travail de qualité discutée ; « partait [...] dans tout les sens » ; « avait du mal à se cadrer » ; il « a pris » la réunion comme une intimidation |
| Éric Léandri et Qwant | Éric Léandri « a parlé » et « évoqué » ; la société utilisait une autre interface « ponctuellement » ; la réunion visait à « parer » à une difficulté |
| Personnes extérieures | Elles « ont fait courir le bruit », voulaient « manifestement dénigrer » et diffusaient de « fausses informations » |
Cette asymétrie montre que le témoin ne livre pas une description entièrement neutre. Il adopte ou reprend en partie le cadre narratif de Qwant :
- la version de la direction est présentée comme une explication ;
- la version extérieure est qualifiée de rumeur malveillante ;
- le désaccord de Stéphane Erard est ramené à sa perception personnelle.
Cette orientation n'annule pas le témoignage. Elle doit être prise en compte pour évaluer ce qui relève d'un souvenir factuel, d'une interprétation et d'un alignement sur la position de l'entreprise.
Ce qu'il permet raisonnablement de soutenir
Sous réserve de confirmer l'identité du témoin et l'authenticité de la pièce, l'extrait soutient les propositions suivantes :
- Éric Léandri a tenu une réunion avec des salariés du site de Nice ;
- cette réunion portait sur l'utilisation par Qwant d'une autre interface pour certaines recherches ;
- la direction présentait cette utilisation comme ponctuelle ;
- une affirmation publique contraire, décrivant cette utilisation comme systématique, circulait déjà ;
- les salariés ont été invités à être « à l'unisson » et à ne pas relayer ce que la direction qualifiait de fausses informations ;
- le témoin reconnaît par ailleurs deux altercations avec le responsable du site de Nice ;
- les pièces séparées identifient Jean-Charles Chemin et documentent un récit nominatif et daté des faits allégués du 31 mars 2016 ;
- les supports techniques conservés attribuent à Stéphane Erard la conception et la présentation d'un périmètre transverse de développement, de CI/QA, de livraison et d'infrastructure ;
- aucun tag
mastercontrôlé ne portewebBrainLocalesactif ; dans les tags de décembre, 100 % des résultats organiques Web non vides servis par ce chemin ont une origine Bing, directement ou depuis le cache alimenté par Bing ; le déploiement et le périmètre opérationnel restent à corroborer.
Ce qu'il ne permet pas de soutenir seul
L'extrait ne démontre pas :
- l'absence ou l'existence juridique d'un harcèlement ;
- la mauvaise qualité du travail de Stéphane Erard ;
- le contenu exact des deux altercations à partir de la seule déclaration de Savinel ;
- que Savinel ait personnellement observé la contention, la poussée, l'humiliation ou les propos syndicaux allégués le 31 mars 2016 ;
- que la seconde altercation corresponde nécessairement, dans l'esprit de Savinel, au courriel de Stéphane Erard du 12 avril 2016 ;
- le caractère réellement ponctuel de l'utilisation de l'interface extérieure ;
- la fausseté des informations diffusées sur les réseaux sociaux ;
- l'intention de dénigrer prêtée aux personnes extérieures ;
- l'identité de l'interface ou du fournisseur concerné ;
- le volume réel de recherches dépendant de cette interface ;
- que Stéphane Erard ait assisté à la réunion de décembre 2016 ;
- que Stéphane Erard ait qualifié cette réunion de tentative d'intimidation auprès des salariés présents ;
- l'intention d'Éric Léandri d'intimider Stéphane Erard ;
- l'existence d'une consigne explicite de mentir ou de dissimuler des informations ;
- que la CDC ou Cardiweb aurait validé sans réserve la qualité individuelle de tout le travail de Stéphane Erard ;
- la durée de 1 h 45 de sa présentation, qui demeure à corroborer par une pièce relative au déroulement de l'audit ;
- que la position Syntec 3.3 lui était juridiquement acquise, même si les fonctions documentées soutiennent fortement cette qualification.
12. Mise en relation prudente avec le rôle Analytics de Sampson Savinel
Le recensement des responsables de Qwant documente séparément que Sampson Savinel se présente dans son CV comme Product Owner de la squad Analytics puis de la squad Search entre 2018 et 2020.
Cette information rend son parcours pertinent pour comprendre son niveau de proximité ultérieur avec les statistiques et la recherche. Elle ne doit toutefois pas être projetée automatiquement sur le présent témoignage :
- la provenance communiquée date l'audition de 2018, mais cette date n'apparaît pas dans l'image elle-même ;
- un autre document fixe une réunion au 15 décembre 2016, mais l'extrait Savinel ne la date pas et leur identité exacte reste à établir ;
- le poste occupé par Sampson Savinel au moment de la réunion n'est pas établi par cette image ;
- son accès personnel aux chiffres techniques ou au dashboard Bing Ads n'est pas démontré ici ;
- il rapporte la version d'Éric Léandri sans expliquer comment il aurait lui-même vérifié le caractère « ponctuel ».
Son rôle Analytics peut donc être utilisé comme contexte professionnel, pas encore comme preuve qu'il connaissait personnellement le volume exact de recours à Bing ou la composition des données transmises.
12.1. Concordance chronologique entre l'audition attribuée et l'évolution de fonction
Trois repères doivent être rapprochés sans être confondus :
| Repère | Élément documenté | Limite |
|---|---|---|
| 19 mai 2017 | Dans son courriel à Stéphane Erard, Sampson Savinel signe « FullStack Developer » | Intitulé de signature, non fiche de poste exhaustive |
| 2018 | L'audition est attribuée à cette année par sa provenance | Le jour et le mois n'apparaissent pas dans l'extrait |
| 2018-2020 | Son CV public archivé le présente comme Product Owner Analytics puis Search, encadrant trois à six développeurs | Le CV ne donne ni mois de prise d'effet, ni décision RH, ni évolution de classification ou de salaire |
Le passage de « FullStack Developer » à Product Owner avec encadrement constitue une évolution fonctionnelle ascendante compatible avec une promotion. L'année de début indiquée par le CV coïncide avec l'année attribuée à l'audition. Cette concordance justifie de demander la date exacte des deux événements et les pièces RH de l'évolution de fonction.
Elle ne permet pas, en l'état, d'affirmer que la promotion est postérieure à l'audition, qu'elle en serait la récompense ou qu'elle aurait influencé le témoignage. Sans mois précis, acte de nomination, fiche de poste, classification, rémunération et identité des décideurs, toute contrepartie resterait une hypothèse.
13. Pièces et questions nécessaires pour affiner l'analyse
La prochaine version devra rechercher ou intégrer :
- le document complet dont provient l'image ;
- la pièce établissant que le déclarant est Sampson Savinel ;
- la qualité exacte de Michel L'Homme et le cadre dans lequel il a recueilli le témoignage ;
- la date complète et la référence de l'audition de 2018 ;
- le document complet établissant le cadre du recueil, dans une version expurgée de tout renseignement permettant d'identifier la personne concernée par l'autre démarche ;
- les pages ou questions précédant et suivant ce passage ;
- les organigrammes et délégations confirmant formellement que Jean-Charles Chemin était le « responsable du site de Nice » visé par Savinel ;
- le courriel original du 12 avril 2016 (
.emlou.msg), ses en-têtes complets et ses éventuelles réponses, afin de confirmer l'intégrité de la seconde altercation identifiée par Stéphane Erard, déjà datée par la capture ; - les originaux natifs de la convocation et du courriel RH fixant la réunion au 15 décembre 2016, ainsi que son compte rendu et ses minutes ;
- l'identité et la fonction de chaque personne visée par « nous les autres salariés présents », en demandant à Savinel s'il s'inclut dans ce groupe ;
- les publications sur les réseaux sociaux auxquelles le témoin fait référence ;
- les données techniques permettant de comparer « ponctuellement » et « systématiquement » ;
- la définition exacte de « l'autre interface » ;
- pour chacun des « autres salariés présents », la date, le lieu et le canal par lesquels il aurait entendu Stéphane Erard parler de « tentative d'intimidation », en distinguant l'entretien individuel de fin avril et la réunion collective du 15 décembre ;
- les fonctions et accès techniques de Sampson Savinel au moment des faits, ainsi que la date effective, l'acte RH, la classification, la rémunération et les décideurs de son passage de FullStack Developer à Product Owner ;
- tout document reliant la réunion au flux Bing Search, à Bing Ads ou au dashboard Analytics ;
- l'agenda, la convocation, les courriels des participants ou le compte rendu établissant la présentation de 1 h 45 pour le compte de la CDC ;
- les fichiers PowerPoint natifs, leur historique ou les échanges de préparation permettant de confirmer que Stéphane Erard a produit seul les supports ;
- le rapport d'audit décrivant les systèmes présentés et les éventuelles observations de l'auditeur ;
- le contrat de travail original établissant le poste Front‑End, la position Syntec 2.2 et le coefficient 130 ;
- les échanges couvrant l'année de négociation du recrutement et du salaire ;
- tout écrit du 3 mars 2015 relatif à l'instruction initiale de Jean-Charles Chemin, ainsi que le courriel du 5 mars annonçant l'affectation QA/CI ;
- les organigrammes ou documents établissant la qualité de supérieur hiérarchique de Jean-Charles Chemin ;
- les commits, droits d'administration, courriels de coordination, documents d'onboarding et témoignages permettant de reconstituer le travail organisé par ajustement mutuel, sans attendre un hypothétique ticket global ;
- le fichier PowerPoint source de
fab_lab_prez.pdf, ainsi que l'invitation, le courriel d'envoi ou tout document permettant d'identifier l'audience et la date de cette version ; - la convocation ou tout document datant précisément la réunion d'Éric Léandri de décembre 2016 ;
- les arrêts de travail couvrant décembre 2016 et les propres pièces de Qwant confirmant l'absence de reprise ;
- l'audition des salariés présents afin de vérifier si Stéphane Erard se trouvait dans la salle et s'il leur a réellement parlé d'une tentative d'intimidation ;
- les attestations des collègues présents dans l'open space le 31 mars 2016, ainsi que tout signalement adressé aux délégués du personnel, aux ressources humaines ou à la direction, pour confronter le récit de la contention, de la poussée, de l'humiliation et du dénigrement syndical.
- les configurations et journaux de la CI/CD, les manifestes et artefacts de livraison, ainsi que les historiques du registre de paquets pour identifier les versions Front et API effectivement promues ;
- les inventaires et configurations des serveurs de production, les historiques de déploiement et les éventuels journaux d'orchestration ;
- les journaux applicatifs, réseau, CDN et cache permettant de compter les réponses servies localement et les appels ayant effectivement atteint Bing — distinction utile à la facturation, non à l'origine des résultats ;
- un constat forensique du dépôt, de ses objets, de ses références distantes et des empreintes des commits et tags invoqués ;
- les éléments du dossier d'audit Cardiweb permettant de comparer la version montrée, la version déployée et les flux réellement observés.
14. Conclusion provisoire
L'extrait présenté comme un témoignage donné en 2018 par Sampson Savinel à Michel L'Homme, dans le contexte communiqué d'une démarche distincte, contient une affirmation incompatible avec la présence de Stéphane Erard à la réunion si celle décrite est bien la réunion fixée au 15 décembre 2016 : le courriel RH en fixe la date, Stéphane Erard a écrit qu'il n'avait pu y assister et Qwant reconnaît son absence de reprise depuis le 24 août. L'identité exacte des deux réunions et le groupe auquel renvoie le mot « présents » doivent encore être confirmés.
Il lui est défavorable lorsqu'il explique le conflit par la qualité de son travail, son manque supposé de focalisation et la circulation de prétendues fausses informations destinées à dénigrer Qwant. Ces affirmations restent cependant générales, subjectives et dépourvues d'exemples dans l'extrait visible. Elles doivent désormais être confrontées aux quatre présentations techniques attribuées à Stéphane Erard et à l'inventaire de 48 projets, qui montrent un travail structuré à l'échelle de la chaîne de développement et non une simple succession de tâches dispersées.
Savinel reconnaît en outre explicitement que Stéphane Erard a eu deux altercations avec le responsable du site de Nice. Les autres pièces permettent d'identifier Jean-Charles Chemin et donnent à la première une date et un contenu : le document qui lui est adressé vise les faits allégués du 31 mars 2016 et décrit une contention des avant-bras, une poussée visant à faire partir Stéphane Erard, des cris et une humiliation en open space, ainsi qu'un dénigrement syndical. La déclaration de Savinel corrobore l'existence de conflits, mais pas chacun de ces gestes ou propos. Stéphane Erard identifie la seconde altercation comme sa réponse écrite du 12 avril 2016 à 10 h 20 ; cette date et cette heure sont directement visibles en haut à droite de suite 2.PNG.
En parallèle, il confirme plusieurs éléments importants :
- une réunion d'Éric Léandri a bien porté sur l'usage par Qwant d'une interface extérieure ;
- la direction défendait le caractère ponctuel de cet usage ;
- elle demandait aux salariés d'être « à l'unisson ».
Savinel attribue en revanche à Stéphane Erard une réaction à cette réunion et des propos tenus devant les salariés présents. L'hypothèse avancée par Stéphane Erard est celle d'une confusion entre son entretien individuel de fin avril avec Éric Léandri, relatif à l'agression de Jean-Charles Chemin, et la réunion collective du 15 décembre à laquelle il n'a pas assisté. Cette hypothèse est cohérente avec la chronologie mais doit être vérifiée en demandant à Savinel de nommer précisément les salariés, la réunion et le canal de la conversation alléguée.
Son courriel du 19 mai 2017 constitue un contrepoint antérieur : il qualifie la récupération des affaires d'« épreuve », se dit disposé à témoigner et anticipe la réticence de salariés à agir contre l'entreprise. Il ne confirme pas les faits précis dénoncés, mais impose de rechercher qui il a réellement contacté, quelles réponses il a reçues et comment cette position s'articule avec sa déposition ultérieure.
Enfin, le CV public de Savinel fait apparaître une évolution de FullStack Developer en 2017 à Product Owner Analytics puis Search à partir de 2018, année également attribuée à son audition. Cette concordance rend nécessaires les dates mensuelles et pièces RH. Elle ne prouve ni l'ordre exact entre audition et promotion, ni un lien de contrepartie.
La portée la plus solide de l'extrait est donc ailleurs : il rapporte qu'Éric Léandri a reconnu le principe du recours de Qwant à une interface extérieure en réponse aux accusations de Stéphane Erard, sans en indiquer la proportion. Git ne montre aucun tag master avec WebBrain actif. Dans les tags de décembre, chaque résultat organique Web non vide servi par le chemin analysé a une origine Bing, directement ou depuis le cache alimenté par Bing. Le témoignage de Stéphane Erard sur le déploiement en production et sur le rôle de Mozart doit être corroboré par le backend, les configurations, les éléments de CI/CD et les artefacts ; les journaux servent à mesurer les appels, non à requalifier le cache en source autonome.
Le contrepoint documentaire sur la qualité du travail est substantiel : les supports couvrent la gestion des développements, la software factory Qwapp, l'intégration et la qualité, l'onboarding, la validation, la livraison et l'infrastructure CI. La variante « Fab Lab » confirme l'existence d'un exposé cohérent et réutilisable de ce système, tout en reprenant des diapositives déjà présentes dans le support CDC. L'ensemble soutient la description fonctionnelle d'un directeur des systèmes de développement de fait et une revendication de position Syntec 3.3, sans transformer pour autant cette qualification en décision juridiquement acquise. La mention de Jean-Charles Chemin sur la couverture est analysée conformément à la précision apportée par Stéphane Erard : il était son supérieur hiérarchique, pas le concepteur de ce travail. La durée déclarée de 1 h 45 et la production solitaire des présentations devront être consolidées par les pièces de préparation et de déroulement de l'audit.
La chronologie contractuelle renforce ce contrepoint. Stéphane Erard a été engagé sur la base d'un poste de développeur web spécialisé Front‑End, position 2.2 coefficient 130, alors qu'il déclare avoir reçu dès son arrivée la responsabilité de l'ensemble du système de développement, de qualification et d'onboarding. L'affectation QA/CI est déjà documentée dans les premiers jours. Si les échanges de l'année de négociation confirment que Qwant connaissait ce périmètre avant la signature, le décalage ne relèverait plus d'une simple évolution ultérieure du poste : il pourrait soutenir le grief d'une base salariale initialement minorée et d'une exécution déloyale du contrat.
Enfin, l'absence de « ticket global » ne doit pas être confondue avec une absence de travail ou de responsabilité. Dans l'organisation par ajustement mutuel décrite par Stéphane Erard, la preuve du rôle de niveau 3.3 se lit dans la convergence des traces distribuées : architecture, dépôts, accès, configurations, présentations, onboarding, coordination et inventaire des projets.
Le contexte communiqué du recueil ajoute une dimension importante : Michel L'Homme aurait interrogé Sampson Savinel dans le cadre d'une démarche distincte portant sur des faits allégués de harcèlement et d'agression sexuelle. La question sur Stéphane Erard paraît donc s'inscrire dans une recherche plus large sur les pratiques de direction. Cela accroît l'intérêt du passage pour l'analyse du climat managérial, sans permettre d'établir les faits dénoncés dans cette autre démarche ni de révéler l'identité de la personne concernée.










































































































